La première ruée vers l’or

Des foules de gens ont tout laissé derrière eux et sont partis à la recherche d’or. Le recensement fédéral de 1871 révèle que 568 mineurs travaillaient alors dans les districts aurifères de la Nouvelle-Écosse.

Photo noir et blanc d’un mineur d’or à l’entrée d’une galerie d’accès dans le district aurifère de Waverley.

Mineur d’or et autres personnes à l’extérieur d’une galerie d’accès dans le district aurifère de Waverley.

Collection de photographies minières historiques du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse 1870c-1960c.

En 1861, Nelson Nickerson, un agriculteur de Sherbrooke, a découvert de l’or dans ses champs sans attirer l’attention et a essayé de garder sa découverte secrète. Ses voisins, que l’appétit de l’or rongeait, ont eu des soupçons et ont surveillé de près la famille Nickerson pendant des semaines. Après avoir entendu le son du marteau contre la roche, plus de 200 personnes ont convergé vers Sherbrooke et une fouille d’une journée a rapporté plus de 400 $ en or. La meme quantité d’or en 2012 aurait une valeur de plus de 36 150 $.

Gravure en couleur montrant des mineurs d’or en train de marcher le long d’une « rue » de chevalements-abris et de tentes.

Gravure sur bois peinte à la main de Travaux d’extraction d’or en Nouvelle-Écosse : rue de l’or, Tangier, publiée dans l’Illustrated London News, le 14 septembre 1861. Basée sur un dessin du Capitaine Campbell Hardy.

AGNS: 1995.405

Le Capitaine Campbell Hardy a écrit l’article qui accompagnait la gravure Rue de l’or, Tangier dans l’Illustrated London News :

« Les travaux de fouille à Tangier ont cours dans un joli emplacement situé dans la forêt à environ un demi-mille de la côte est de la partie supérieure du port de Tangier. Un excellent chemin a été aménagé à travers la forêt dense d’épinettes jusqu’aux concessions. Même si notre correspondant s’est égaré en une occasion parce que, dépourvu de guide, il avait quitté le chemin pour emprunter quelque piste battue par les bestiaux, le son de la roche qu’on faisait exploser et les cris des excavateurs l’ont tôt ramené dans la bonne direction. La rue de l’or, comme on l’appelle – un assemblage de bâtiments en bois, ou plutôt de baraques de chantier, édifiés au coût de 2 ou 3 £ dans ce pays où le bois d’œuvre est peu coûteux – est l’objet de notre gravure. Une ville qui surgit soudainement au milieu des bois, sans clairières, champs ou enclos, remplie de boutiques, ou plutôt de magasins, comme on les appelle en Amérique, où les gens peuvent se procurer n’importe quoi, de la crinoline à une bouteille de bière blonde Bass, pourrait certainement être considérée une nouveauté, même dans le Nouveau Monde, alors que la civilité et les bonnes manières universelles des habitants font assurément contraste avec les notions que nous avons du caractère des mineurs d’or dont on nous a fait part des eldorados de l’Australie et de la Californie. »

Page de « The Gold Gazette » renfermant des annonces ciblant expressément les mineurs d’or.

The Gold Gazette, le samedi 26 juillet 1862, p.1.

Collection des journaux, Archives de la Nouvelle-Écosse

Les entreprises de services et de fournitures approvisionnant les prospecteurs, les investisseurs et les sociétés minières ont été florissantes pendant la première ruée vers l’or de la Nouvelle-Écosse. Ces entreprises étaient parfois plus profitables que la prospection de l’or.

Photographie d’un pic à or.

Pic de prospection de l’or utilisé au mont Uniacke.

Musée de l’industrie, I98.13.73

« ... tous les instruments agricoles sont rangés, sauf le pic et la pelle, qu’on apporte pour se procurer ce que nous entendons presque constamment résonner dans nos oreilles, des lèvres de toutes les personnes que nous rencontrons, l’OR ».
— R.T., « Economy, N.S. », dans le British Colonist d’août 1861.

Joseph Howe

Portrait pastel de Joseph Howe en 1851, réalisé par T. Debaussy

L’honorable Joseph Howe. Pastel de T. Debaussy, 1851.

Musée du patrimoine de Dartmouth : 1968.002.003

L’honorable Joseph Howe a été secrétaire provincial de 1860 à 1863; son bureau était responsable de la mise en valeur des minéraux dans la province. En 1861, il s’est rendu à Tangier pour enquêter sur la ruée vers l’or. Sceptique, Howe a dénoncé le mouvement : «  L’échantillon ayant le plus de valeur que j’ai vu à Tangier ou en provenance de cet endroit a intrinsèquement moins de valeur qu’une demi-couronne; et tout ce que j’ai vu, mis ensemble, remplirait à peine un dé à coudre. » Howe, 1861.

L’honorable Joseph Howe, relatant la ruée vers l’or, fit part de « la démarche pleine d’entrain et des yeux pétillants des nouveaux arrivants, surgissant tout juste à travers le feuillage dense, impatients de devenir riches. » Par contraste, Howe constata que ceux qui faisaient de la prospection depuis un certain temps avaient « l’expression morose et douteuse des personnes qui avaient creusé et bateyé toute la journée sans apercevoir le moindre minerai qui brille. »