Villes d’extraction d’or

Gens assemblés sur une rue bordée de maisons à Goldenville, N.-É.

L’afflux de mineurs d’or dans les districts aurifères a fait surgir des villes champignons en divers endroits de la province. Tangier, Goldenville, Waverley, Renfrew, Oldham et Goldboro doivent toutes leur existence à l’or.

Des collectivités respectueuses de la loi

Joseph Howe, secrétaire provincial, faisait ces commentaires en 1861 : « En Nouvelle-Écosse, l’extraction de l’or, comme tout le reste, s’est développée dans un esprit ordonné et respectueux des lois. La localité improvisée de Tangier a été autorisée à se gouverner elle-même. Elle n’est dotée d’aucun magistrat résident ni policier... Elle n’a été témoin d’aucun acte de violence et d’aucune perte de vie, et les altercations ont été rares. Deux hommes, repérés en train de voler, ont été expulsés de l’établissement; les larcins sont inexistants. Les travailleurs dorment et travaillent sans être armés, laissant leurs biens en sécurité dans leurs cabanes... »

Le long de la rue de l’or, à Tangier

Gravure peinte à la main de 1861 illustrant une rangée de cabanes à Tangier, N.-É.

Gravure sur bois peinte à la main, de nouvelles extractions d’or en Nouvelle-Écosse : La rue de l’or, Tangier, publiée dans l’Illustrated London News, le 14 septembre 1861, d’après un dessin du Capitaine Campbell Hardy

AGNS: 1995.405

Le Capitaine Campbell Hardy a écrit l’article qui accompagnait la gravure Rue de l’or, Tangier dans l’Illustrated London News :

« Un excellent chemin a été aménagé à travers la forêt dense d’épinettes jusqu’aux concessions. Même si notre correspondant s’est égaré en une occasion parce que, dépourvu de guide, il avait quitté le chemin pour emprunter quelque piste battue par les bestiaux, le son de la roche qu’on faisait exploser et les cris des excavateurs l’ont tôt ramené dans la bonne direction. La rue de l’or, comme on l’appelle – un assemblage de bâtiments en bois, ou plutôt de baraques de chantier, édifiés au coût de 2 ou 3 £ dans ce pays où le bois d’œuvre est peu coûteux – est l’objet de notre gravure. Une ville qui surgit soudainement au milieu des bois, sans clairières, champs ou enclos, remplie de boutiques, ou plutôt de magasins, comme on les appelle en Amérique, où les gens peuvent se procurer n’importe quoi, de la crinoline à une bouteille de bière blonde Bass, pourrait certainement être considérée une nouveauté, même dans le Nouveau Monde, alors que la civilité et les bonnes manières universelles des habitants font assurément contraste avec les notions que nous avons du caractère des mineurs d’or dont on nous a fait part des eldorados de l’Australie et de la Californie. »

Églises et écoles

Peinture de Joseph Purcell montrant Waverley, N.-É. à l’apogée de l’époque de l’extraction de l’or.

Waverley, 1986 par Joseph Purcell

MOI: I95.86.10

Une vingtaine d’habitations agricoles se trouvaient près du lac William dans le district aurifère de Waverley en 1860, et 2 000 personnes y résidaient en 1868. Mineurs et résidents de la ville s’efforçaient de faire leur chez-soi de ces villes édifiées à la hâte. Les églises et les écoles constituaient le cœur de nombreuses collectivités. Les classes de catéchisme du dimanche, les Dames auxiliaires et les groupes de jeunes offraient la possibilité aux gens de socialiser et de se faire des amis. Des activités comme les repas-partages mondains servaient à recueillir des fonds pour l’église et à fournir des divertissements à la collectivité. Baptistes, wesleyens, anglicans, presbytériens, catholiques et méthodistes utilisaient l’édifice des Fils de la tempérance.

Maison en construction à Caribou Mines, N.-É.

Construction de bâtiments à Caribou, N.-É.

Collection de photographies minières historiques du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse.

Des sociétés minières, comme celles de Caribou, faisaient parfois don d’argent aux mineurs pour la construction d’une église non rattachée à une confession déterminée leur appartenant. La localité de Caribou est vite passée de 50 résidents en 1871 à 450 à 1891. On y a rapidement construit des magasins, des hôtels et des pensions de famille. L’école de la Caribou Gold Mines a été établie en 1869. L’école a été reconstruite en 1935 au moyen de fonds de la Consolidated Mining and Smelting Company.