Conséquences de l’exploitation aurifère d’antan

Photographie d’un bocard et de résidus.

Résidus toxiques

L’exploitation aurifère d’antan a souvent eu des répercussions profondes sur le milieu ambiant, laissant derrière elle un environnement toxique. Les gens n’étaient pas toujours conscients de l’impact de certaines pratiques minières sur l’environnement ou la santé humaine.

Les mines ont créé des résidus et des tas de déchets de roche. Les déchets de roche comprenaient toute la roche extraite pendant l’extraction du minerai aurifère. Les résidus correspondaient à ce qui restait après le broyage du minerai aurifère en particules de la taille de grains de sable dans un bocard, après son traitement au mercure ou au cyanure pour l’enlèvement de l’or. Les résidus étaient déversés dans des lacs, des ruisseaux ou d’autres dépressions naturelles à proximité. On estime que 3 millions de tonnes de résidus ont été produites dans les districts aurifères de la Nouvelle-Écosse entre les années 1860 et 1940.

Enfants en train de jouer avec des voitures jouets dans du sable de résidus.

Enfants en train de jouer sur des résidus à Goldenville.

Photographie fournie gracieusement par Michael B. Parsons, Commission géologique du Canada (Atlantique).

Avant qu’une étude scientifique ne révèle que les résidus des mines de Goldenville renfermaient des concentrations dangereusement élevées d’arsenic et de mercure, les résidents de la localité utilisaient les aires de résidus comme lieux récréatifs pour des activités comme des ralliements de VTT.

Vue aérienne des mines d’or de Montague détaillant la quantité d’arsenic naturellement présent dans cette région.

Vue aérienne de Montague, près de Dartmouth, qui montre les halos causés naturellement par l’arsenic dans le sol des anciennes régions aurifères et les sols environnants.

Arsenic

Les roches aurifères de la Nouvelle-Écosse renferment des proportions naturellement élevées d’un minéral appelé l’arsénopyrite, qui contient de l’arsenic. Toute activité perturbant les roches renfermant de l’arsénopyrite peut entraîner la libération de quantités accrues d’arsenic dans l’environnement. La production de tas de déchets de roche et de résidus a seulement servi à concentrer davantage l’arsenic déjà abondant. L’arsenic peut causer des problèmes digestifs, le cancer, des dommages au cerveau et la mort chez les humains, et il est facilement absorbé par le poisson, les mollusques, les plantes et les autres espèces sauvages.

Photographie de deux bocaux Mason renfermant des échantillons de résidus de la Nouvelle-Écosse.

Résidus provenant des mines d’or de Montague, N.-É.

Photographie de Steve Farmer Photography.

Résidus provenant de Montague Gold Mines et prélevés en 2009. Ils renferment 20 340 parties par million d’arsenic et 2,3 parties par million de mercure. La teneur en arsenic des résidus est 1 695 fois supérieure à la norme permise par le Conseil canadien des ministres de l’environnement.

Le Conseil a fixé la norme admissible d’arsenic dans les sols à 12 parties par million et celle du mercure, à 6,6 parties par million.

Le mercure

Le mercure était utilisé dans le traitement du minerai d’or; les résidus contiennent eux aussi des concentrations extrêmement élevées de mercure. On estime qu’environ 10 à 25 % de l’ensemble du mercure utilisé a été éliminé dans les résidus.

Le mercure est consommé par les espèces sauvages, comme le poisson et les mollusques, et il peut ralentir le rythme de la croissance, réduire la fertilité et même causer la mort. Les humains peuvent consommer des espèces sauvages comportant des concentrations élevées de mercure, ce qui cause des problèmes de santé similaires.

Le cyanure

Le cyanure a également servi à l’extraction de l’or au cours des activités d’extraction passées. Si des fuites de cyanure surviennent dans l’environnement, il a des incidences immédiates et mortelles sur les gens et les espèces sauvages. Le cyanure ne se dégrade pas avec le temps, contrairement à l’arsenic et au mercure; malgré les analyses, on n’en a pas trouvé dans les résidus de la Nouvelle-Écosse.

Entrées de mines abandonnées

Photographie noir et blanc d’un puits de mine abandonné.

Il y aurait 7 200 entrées de mines abandonnées en Nouvelle-Écosse: 4 500 d’entre elles seraient des vestiges de l’exploitation aurifère.

Collection de photographies minières historiques du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse.

En Nouvelle-Écosse, l’activité minière d’antan a laissé derrière un nombre important de sites abandonnés sur lesquels il pourrait y avoir des entrées de mine et des tunnels non bouchés, ce qui représente des dangers évidents pour les gens. Parmi ces dangers, il y a les chutes dans des puits profonds, la noyade dans des puits inondés et le contact avec des émanations nocives. La Province a mis en place un programme pour repérer les endroits dangereux et les rendre sécuritaires.

Un refuge pour les chauves-souris

Ouverture de mines abandonnées .

L’entrée de mine abandonnée avant l’installation d’une grille à l’intention des chauves-souris par le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse.

Collection de photographies minières historiques du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse.

La même ouverture de mines abandonnées obstruée par un grillage.

La même mine abandonnée avec l’entrée bloquée par une grille qui permet aux chauves-souris d’entrer et de sortir mais qui empêche les gens d’y pénétrer. Cela rend l’endroit sûr pour l’hibernation des chauves-souris.

Collection de photographies minières historiques du ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse.

En Nouvelle-Écosse, les puits de mines abandonnés fournissent un habitat important aux chauves-souris. Ces dernières ont besoin de conditions environnementales et climatiques très particulières, de même que d’un endroit où elles ne sont pas dérangées pendant l’hiver, d’où l’utilisation qu’elles font de nombreux sites miniers pour leur hibernation.

Pourquoi les puits de mine abandonnés représentent-ils des lieux d’hibernation parfaits pour les chauves-souris?

Les chauves-souris ont besoin pour leur hibernation:

  • d’une humidité relative de 100 %;
  • d’endroits qui ne sont pas inondés;
  • d’endroits exempts de vent ou de déplacement d’air;
  • d’un chicanage à partir de l’extérieur assurant un changement graduel de la température;
  • d’un habitat d’une certaine complexité leur permettant de sélectionner à n’importe quel moment des points répondant à leurs besoins immédiats de perchage;
  • d’une protection contre la prédation (notamment des gens), ce qui explique pourquoi l’obscurité totale est souhaitable.

On a observé et consigné la présence de trois espèces de chauves-souris qui vivent en colonies : le Vespertilion brun, le Vespertilion nordique et la Pipistrelle de l’Est. Il est fortement recommandé aux gens de demeurer à l’écart des mines abandonnées tant pour leur propre sécurité que pour la santé des populations de chauves-souris en Nouvelle-Écosse.

Entrées dangereuses

Manchette du Chronicle Herald mentionnant « Un enfant se noie dans un puits ».

« Child Drowns In Well » The Chronicle-Herald, Halifax, du mercredi 3 juillet 1963, p. 11.

Archives de la Nouvelle-Écosse, Collection des journaux

Pierre tombale de Russell Herman McGrath.

Pierre tombale de Russell Herman McGrath

Nova Scotia Department of Natural Resources Photo Collection

Russell Herman McGrath s’est noyé dans une mine abandonnée inondée à Wine Harbour lorsqu’il avait seulement 21 mois. Il était en visite chez sa grand-mère quand il est tombé dans un puits de mine accessible, à quelques pas de la maison.

 Photographie d’un puits de mine abandonné montrant de l’eau au fond.

Entrée de mine abandonnée et inondée de Wine Harbour où Russell Herman McGrath s’est noyé en juillet 1963. Les marques sur la photographie ont été faites par l’enquêteur.

DNR : Dossier no 71680-30-DA.63

Une citoyenne, Olive MacLeod, a écrit à son député provincial, Alex MacIssac en août 1963, pour le presser instamment de prendre des mesures en vue d’assurer la sécurité des nombreuses entrées de mines abandonnées avant qu’une nouvelle tragédie survienne. Le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse s’est doté d’un programme actif pour repérer et fermer les ouvertures des mines abandonnées en vue de prévenir d’autres accidents.