Bijouterie

Boucles d'oreilles en forme de fleurs en or 14 carats avec centre garni de grenats fabriquées par Julius Cornelius.

Les gens utilisent l’or pour fabriquer des bijoux depuis plus de 6 000 ans. Les propriétés physiques et chimiques de l’or en font un métal idéal pour la création de bijoux. Comme l’or est extrêmement ductile et malléable, on peut l’écraser en fines feuilles d’or ou l’étirer en fils fins. Aucune chaleur, sinon très peu, n’est nécessaire pour y parvenir.

L’or est en plus chimiquement inactif, ce qui signifie qu’il n’est pas affecté par l’humidité, l’oxygène ou même les acides ordinaires. Qu’est-ce que cela veut dire? Que l’or ne se ternit pas ou ne rouille comme les autres métaux.

Orfèvres de la Nouvelle-Écosse

Aucune indication ne révèle que les Mi’kmaq utilisaient l’or, de sorte qu’en Nouvelle-Écosse, l’histoire de l’orfèvrerie a débuté plus récemment. En 1605, Pierre du Gua de Monts, lieutenant-général d’Acadie, a été chargé « d’exploiter les mines d’or et d’argent pour extraire les métaux du sol, les purifier et les raffiner en vue de leur conversion et utilisation » ainsi que « d’amener avec lui des artisans compétents » pour mener à bien ces projets. Même si des forgerons sont venus avec les premiers explorateurs, les annales ne révèlent pas la découverte ou l’utilisation de quelque quantité que ce soit d’or provenant de la Nouvelle-Écosse.

Ensemble de boucles d’oreilles et de broche en or de fortes dimensions. Le nom « Mary » est incrusté au moyen de pierres dans la broche.

Ensemble de boucles d’oreille et d’une broche, v. 1858 John MacCulloch, Halifax, comme cadeau de mariage pour sa femme, Mary Jane Kerr.

Collections historiques du Musée de la Nouvelle-Écosse: 2004.8.8a-d

Halifax constituait toutefois un centre de navigation important. Il était par conséquent facile de se procurer de l’or même avant sa découverte dans la province, et les orfèvres et les doreurs ont été en demande dès les débuts de la colonie. L’orfèvre Isaac Grandson a été l’un des premiers colons d’Halifax en 1749. Un autre artiste talentueux créateur de bijoux fins, John McCulloch, de Glasgow, est venu à Halifax en 1837. Lorsque l’extraction de l’or a débuté, les généreuses réserves d’or indigène ont attiré en Nouvelle-Écosse un certain nombre d’orfèvres formés en Europe.

L’un des concepteurs les plus habiles et les plus artistiques de cette époque a sans doute été Julius Cornelius. Né en Allemagne en 1825, Cornelius a fréquenté l’Académie des arts de Berlin, où il s’est vu décerner la Médaille du Roi pour la conception. Il travailla comme orfèvre et bijoutier à Berlin, Paris, Londres, Boston et au Tiffany’s de New York avant de venir à Halifax en 1855. Cornelius ouvrit une bijouterie rue Grandville, dans le centre-ville d’Halifax. Il favorisait l’or de la Nouvelle-Écosse et les minéraux comme l’améthyste et le quartz. Ses œuvres mettaient souvent en relief des thèmes néo écossais. Il aimait particulièrement représenter la fleur de mai, notre fleur provinciale.

Médaillon ovale en forme de « scarabée » en or.

Médaillon à l’effigie d’un scarabée, de Julius Cornelius. Laiton et or. Vers 1870.

Collections historiques du Musée de la Nouvelle-Écosse: 87.92.4

Pendentif en or en forme de croix entourée d'une tresse de fleurs de mai et orné d'une perle dans la fleur la plus au centre.

Croix en pendentif, de Julius Cornelius. Motif de la fleur de mai en or, avec perles provenant d’Oyster Pond en N.-É.

Collections historiques du Musée de la Nouvelle-Écosse: 60.20.4c

Broche en or ovale incrustée de grenats.

Broche en or et grenat faite de Julius Cornelius.

Collections historiques du Musée de la Nouvelle-Écosse: 72.43.1

Après avoir brièvement travaillé en partenariat avec William Herman Newman, Cornelius devint bijoutier indépendant dans le centre-ville d’Halifax, de 1857 à 1905, fabriquant des bijoux et des médailles de compétition de tir.

Concepteurs de bijoux contemporains

Les artistes contemporains de la Nouvelle-Écosse disposent de moins d’or en provenance de la province que leurs homologues du temps des ruées vers l’or, et le traitement de l’or extrait est très fréquemment effectué à l’extérieur de la province. Les artistes qui ouvrent les métaux peuvent aujourd’hui acheter de l’or de la pureté souhaitée (mesurée en carats) ainsi que des alliages particuliers des fournisseurs.

Jonc en or dont les extrémités se chevauchent au lieu d'être réunies au centre.

Faulted: Aurum Infinity Ring, 2011. 14K gold.

Locusart Jewellery Designs

Vous voulez voir comment ce jonc a été fabriqué?

Visionnez la série ci-après de vidéos en compagnie de la conceptrice de bijoux de la Nouvelle-Écosse Emily Seaboyer. Ou encore, vous pouvez regarder la vidéo complète sur YouTube à : http://www.youtube.com/watch?v=i0n-4eO_dXI

Fabrication d’une bague en or, Partie 1 : Commencement d’un jonc

Vous devez avoir JavaScript activé pour voir cette vidéo. Si vous n'avez pas Adobe Flash, cliquez sur ce lien et téléchargez-le à partir du site Web de Adobe: Adobe Flash Player.

Télécharger le format mp4 - basse résolution - 13mo

AUDIOSCRIPT

Je m’appelle Emily Seaboyer. Je suis propriétaire de l’entreprise Locusart Jewellery Designs que j’exploite ici en Nouvelle-Écosse. Je suis une conceptrice de bijoux. Je travaille plus précisément avec l’argent et l’or de tous les carats.

Lorsque vous étudiez la conception des bijoux à l’université et que ce domaine devient votre champ de concentration, le tout premier projet que vous apprenez à réaliser est un très humble jonc. Je pense toutefois que c’est l’interprétation de l’artiste, ou plutôt la capacité de l’artiste d’interpréter le jonc pour le faire sien en y ajoutant une touche intéressante de conception, qui le séparera des projets de base ou des tout premiers projets d’un débutant, pour en faire un objet vraiment magnifique.

Alors, la première chose que nous allons faire sera de commencer à partir d’un morceau plus gros d’une taille correspondant à peu près au double de ce dont nous avons réellement besoin. J’utilise ce qu’on appelle une « boîte à onglets » ou un « coupe-tube » pour limer avec précision une extrémité afin que tout soit tout à fait précis.

Je vais seulement limer la plus petite partie possible de la surface pour obtenir une extrémité unie. On ne veut jamais, au grand jamais, gaspiller le moindre or, parce que celui-ci coûte beaucoup trop cher.

Une fois que cette extrémité est parfaitement égale, nous disposons d’un bord droit à partir duquel travailler.

J’ai donc mesuré à l’avance la longueur, au cas où vous vous demanderiez pourquoi le processus est plus rapide qu’il devrait l’être.

Fabrication d’une bague en or, Partie 2 : Préparation de la monture

Vous devez avoir JavaScript activé pour voir cette vidéo. Si vous n'avez pas Adobe Flash, cliquez sur ce lien et téléchargez-le à partir du site Web de Adobe: Adobe Flash Player.

Télécharger le format mp4 - basse résolution - 10mo

AUDIOSCRIPT

Je crée le jonc que je fabrique aujourd’hui au moyen d’une méthode de fabrication, c’est-à-dire que j’utilise exclusivement des outils à main, par opposition à un genre quelconque de matériel de moulage. Voici une scie de bijouterie, une minuscule version d’une scie à chantourner.

Lorsque nous avons fini de scier, nous obtenons une ligne très propre, mis à part un bord où le métal a été séparé. J’ai laissé une marge d’environ un demi-millimètre entre la ligne où la partie mesurée sera limée et l’endroit où elle a été sciée, afin de disposer d’un bord absolument parfait pour travailler.

Si nous n’effectuons pas ces premières étapes avec une précision absolue, tout le jonc sera fait selon le même modèle et aucune des dimensions ne sera exacte. J’utilise une lime à dégrossir pour éliminer le gros du métal, puis une lime plus fine pour le préparer au brasage ou à la fabrication.

Nous avons donc maintenant dégrossi et préparé la pièce de base de notre jonc.

Fabrication d’une bague en or, Partie 3 : Pliage du jonc

Vous devez avoir JavaScript activé pour voir cette vidéo. Si vous n'avez pas Adobe Flash, cliquez sur ce lien et téléchargez-le à partir du site Web de Adobe: Adobe Flash Player.

Télécharger le format mp4 - basse résolution - 11mo

AUDIOSCRIPT

Voici un cintreur de jonc. Durant vos trois premières années de formation en conception de bijoux, on ne vous mentionne même pas qu’il existe des cintreurs de jonc. Vous effectuez tout ce travail à la main.

Ainsi, lorsque vous dégrossissez la pièce de base d’un jonc, vous commencez par le réglage le plus grand, puis vous réduisez le diamètre selon le besoin. Ce jonc est maintenant un jonc de taille 7. Nous commençons par ailleurs tout juste avec beaucoup de précaution à une extrémité.

Ainsi, lorsque vous dégrossissez la pièce de base d’un jonc, vous commencez par le réglage le plus grand, puis vous réduisez le diamètre selon le besoin. Ce jonc est maintenant un jonc de taille 7. Nous commençons par ailleurs tout juste avec beaucoup de précaution à une extrémité.

Il faut effectuer le cintrage par incréments infimes afin d’éviter un crénage ou un marquage excessif au cours de ce processus.

Le matériel de base est vendu sous forme de différents alliages. L’or jaune est communément vendu en or de 10 carats, 14 carats, 18 carats et parfois 22 carats.

Maintenant, au fur et à mesure que je travaille avec cet or, il devient de plus en plus dur. Comme cette méthode de fabrication est relativement simple, j’espère que nous n’aurons pas besoin de recourir à l’étape supplémentaire du recuit du métal – c’est-à-dire son réchauffage et son amollissement. Ainsi, comme nous travaillons avec cet or depuis un certain temps, il est en train de durcir et nous obtenons une belle courbure.

Fabrication d’une bague en or, Partie 4 : Affinement de la forme

Vous devez avoir JavaScript activé pour voir cette vidéo. Si vous n'avez pas Adobe Flash, cliquez sur ce lien et téléchargez-le à partir du site Web de Adobe: Adobe Flash Player.

Télécharger le format mp4 - basse résolution - 13mo

AUDIOSCRIPT

Chaque extrémité du jonc devrait normalement – dans un modèle classique simple – se rencontrer parfaitement au centre. Dans ce modèle-ci, nous les amènerons à se chevaucher l’une au-dessus de l’autre de quatre millimètres; ce ressort utile, ici, me permet de tirer le jonc – ses deux extrémités – l’une au-dessus de l’autre, et nous obtenons la tension dont nous avons besoin et pouvons retenir les deux morceaux l’un proche de l’autre. Je vais donc maintenant continuer à cintrer le jonc et à le préparer pour obtenir le diamètre que nous voulons en vue du brasage.

Le jonc a encore une forme très ovale; nous devrons par conséquent aussi améliorer sa forme.

Nous avons donc le chevauchement dont nous avons besoin pour ce jonc et une certaine quantité de tension. Je vais en conséquence travailler un peu à l’aide de l’outil à main pour m’assurer que les extrémités sont rondes. Elles doivent avoir la même courbure que le reste du jonc. Une fois les extrémités brasées, je vais marteler la pièce sur un mandrin pour m’assurer que tout est parfait.

Maintenant, je suis en train d’utiliser une pince à cintrer à jonc, qui est arrondie d’un côté. J’utilise la pince seulement pour resserrer les extrémités du jonc et les amener dans la bonne position en vue du brasage.

Lorsque nous cintrons notre métal, il devient empreint de beaucoup d’huile et de graisse provenant de nos mains et de notre peau. Il faut ensuite nettoyer cela. Autrement, le brasage ne s’effectuera ensuite pas correctement. Je nettoie donc la pièce à l’aide d’une solution très légèrement acide, qu’on appelle « une solution de décapage ». Il s’agit d’une solution réellement douce et passablement sécuritaire. Elle agit mieux lorsque la pièce est chaude.

Fabrication d’une bague en or, Partie 5 : Brasage

Vous devez avoir JavaScript activé pour voir cette vidéo. Si vous n'avez pas Adobe Flash, cliquez sur ce lien et téléchargez-le à partir du site Web de Adobe: Adobe Flash Player.

Télécharger le format mp4 - basse résolution - 13mo

AUDIOSCRIPT

Ici, je suis en train de couper mon brasage. Il faut préciser qu’il s’agit d’un brasage d’or jaune de 14 carats. Je coupe le brasage en minuscules petites billes. Elles ont environ un millimètre carré; je les découpe et les recueille à l’intérieur du couvercle de mon récipient à fondant.

On utilise le fondant pour nettoyer le métal et l’empêcher de s’oxyder pendant le chauffage et le brasage; il aide le brasage à s’écouler correctement. Il suffit de peindre le fondant sur le brasage pour pouvoir le saisir facilement au moyen de la pincette à brasage.

Nous ferons donc la même chose au moyen de notre jonc. Je le peindrai entièrement de fondant pour empêcher le métal de surchauffer. Il s’agit d’une précaution réellement importante à prendre parce que le métal qui surchauffe se décolore.

Il faut chauffer l’ensemble de la pièce, sans quoi elle agira comme dissipateur de chaleur et votre brasage ne coulera pas dans la bonne direction et ne se trouvera pas au bon endroit. Il faut chauffer la pièce jusqu’à ce que le fondant forme des bulles puis s’éclaircisse. Vous savez alors que la pièce est prête au brasage.

Je brase ainsi l’arrière du joint. Nous ne brasons jamais – ou brasons très rarement, devrais-je dire, car il ne faut jamais dire jamais, le dessus d’un joint parce qu’il arrive parfois que le brasage s’écoule un peu plus et parce que le nettoyage est plus facile à effectuer à l’intérieur. Cette façon de procéder garde l’extérieur de votre jonc uni et uniforme.

J’utiliserai donc un maillet en cuir cru. Nous pouvons ainsi façonner le jonc sans marquer le métal. J’utilise aussi un mandrin en acier.

Le jonc est maintenant parfaitement circulaire. Nous avons éliminé les imperfections et il est prêt au pré polissage.

Fabrication d’une bague en or, Partie 6 : Touches de finition

Vous devez avoir JavaScript activé pour voir cette vidéo. Si vous n'avez pas Adobe Flash, cliquez sur ce lien et téléchargez-le à partir du site Web de Adobe: Adobe Flash Player.

Télécharger le format mp4 - basse résolution - 9mo

AUDIOSCRIPT

Notre première étape de la finition est terminée.

Ici, nous ne faisons que limer chacune des extrémités du jonc à l’endroit où elles se joignent, afin que le joint soit doux et confortable, et qu’il ne s’accroche pas dans des vêtements ou d’autres objets.

Nous sommes prêts à commencer la couche suivante de la finition.

Nous utiliserons un rouge à polir; ce sera l’étape la plus fine et l’étape finale. Lorsqu’on effectue le finissage d’un jonc, on peut utiliser toute une série de papiers d’émeri, de limes et d’outils Dremel pour obtenir les résultats de finition souhaités. Ce processus peut exiger une dizaine d’étapes ou, dans ce cas-ci, trois ou quatre. Le choix d’un fini compatible avec le modèle est le résultat d’une décision très éclairée qui dépend en fait de l’aspect final souhaité.